Au Marché Noir

Comme un lent tsunami qui progresse, une révolution sociale gronde, presque inévitable.
Puisse-t-elle exploser de manière pacifique, avec comme vecteur central, l’alimentation…
Et si cela commençait vraiment à Bruxelles en cette veille de premier mai 2015 ?

Un nouveau souffle se lève en effet du côté de l’incontournable commune de Saint-Gilles en région bruxelloise. Son nom, un original duo de djeunes le signe d’un M et N à la pointe du couteau de cuisine : AU MARCHE NOIR.

Mais qu’est-ce qui fait que ce projet attire donc tous les regards ? Qu’est-ce qui fait que le logo « Au Marché Noir » flotte déjà à ce point, tel un drapeau pirate sur la ville de Bruxelles ?

A vrai dire, une idée vraiment révolutionnaire, issue de la rencontre fortuite entre deux trentenaires au cursus et à l’activité professionnelle totalement différents, mais avec un but unique : créer un environnement de fooding avec des plats à emporter (ou non), mais des plats qui respectent à la fois la qualité et les exigences des grandes enseignes précitées tout en proposant des prix absolument, totalement, résolument hyperaccessibles, soit de 6 à 8 euros pour un repas végétarien (un de leur pilier principal), ou 10 à 12 euros quand un poisson ou une viande les accompagnent.
Tout cela, question de faire voler en éclats la frustration de nombreux amateurs de bons et beaux produits, pleinement calés dans l’esprit Slow Food, mais qui leur sont le plus souvent inaccessibles, la crise et ses effets sur le pouvoir d’achat faisant trop souvent de nous des mangeurs de merde forcés.

Vous avez dit « initiative citoyenne » ? Oui , et à son origine, il y a donc un sympathique duo, dont Jérôme Hubert, cuisinier diplômé, qui, après de nombreuses années à assumer tout le poids du travail en restauration, abandonne les casseroles pour la ferronnerie, faute de trouver le moyen de s’exprimer réellement.
Pendant ces années, il n’en oublie pas les fourneaux, que ce soit pour ses amis, sa petite fille et surtout sa compagne végétarienne. En sus de cette nouvelle voie de créativité dans le végétarien, Jérôme en profite aussi pour développer ses connaissances en termes de nutrition, de diététique mais surtout en termes de cuisine saine, ce qui l’amène inévitablement à se limiter aux aliments provenant de l’agriculture biologique, mais encore plus aux aliments de saison, des aliments locaux, traçables, issus de terroirs vivants dans notre petit pays.
Après avoir repris tant bien que mal la profession de cuisinier et retrouvé partiellement ses premières frustrations, il garde toutefois son énergie en attente d’un « signal » qui va venir de son binôme.

Martin Ringlet, ce binôme, vient d’un univers très différent et à des lieues des fourneaux : la communication.
Longtemps employé en com chez Atrium, une agence régionale de commerce, il va doucement prendre conscience lors de ses repas au restaurant de la frustration qu’on une majorité de gens face à la fois à des prix durs et face à un niveau de qualité trop moyen qui amène trop souvent les amoureux de choses bonnes et vivantes de manger… à la maison.
Les cours de cuisine, qu’il suit, entre autres, chez Tan, achèvent de le persuader qu’il y a quelque chose d’urgent à faire pour proposer de la belle gastronomie à tout un chacun.

Avec ces deux profils aussi complémentaires, pas surprenant que le courant passe très vite et que soient jetées avec beaucoup d’intelligence les fondations du Marché Noir, avec comme objectif final, dispenser aux prix ciblés une cuisine éthique, enthousiasmante qui regroupe tous leurs pôles d’intérêt précités, un objectif dont la solution de l’équation est la vente de plats variés, rapides, faciles et abordables pour le repas du soir, le projet se limitant actuellement à cette tranche horaire.

Pour cela, en dehors de rénover et mettre en fonction des lieux qui leur permettent, sinon d’y attabler des légions, au moins de cuisiner pour répondre à la forte demande qui s’annonce, voilà le duo parti depuis des semaines à la chasse aux terroirs, à la chasse au « produit » qui tourne le dos à l’uniformisation et l’insipidité pauvre dispensée en cantine et en supermarché, un produit sans pesticides, sans engrais chimiques, sans OGM, directement sorti du champ de producteurs engagés, bienveillants, de confiance, à taille humaine, avec qui ils veulent développer une collaboration en circuit-court. Pas étonnant, du coup, de les croiser dans les meilleures manifestations de vins naturels et de tout ce qui se rapporte à la vraie cuisine vivante…

Nous sommes tous réellement impatients de participer à ces fonds baptismaux naturels, le jeudi 30 avril dès 16H30 et jusqu’à petite heure, quitte à en oublier le brin de muguet du lendemain.

Coordonnées

Au Marché Noir
Avenue Adolphe Demeur, 36 (entre la place Van Meenen et la chaussée d'Alsemberg)
1060 Saint-Gilles
Web : www.aumarchenoir.be
Mail : aumarchenoir.bxl@gmail.com
Facebook : https://www.facebook.com/aumarchenoir
Ouvert du dimanche au vendredi, de 11h30 à 21h.
Ouverture officielle le 30 avril 2015 à 16H30