La fable de la Poule Noire alsacienne


Etre militant Slow Food, c’est aussi voir plus loin que sa région parce que, in fine, les absurdités que nous tentons de combattre sont hélas universelles.
Rémy Bossert alsacien résident en Belgique et récemment nommé administrateur de notre Convivium nous en fournit un exemple attristant où la fable tourne plus au couac qu’au cot cot. Au bout de cela, il y a la possibilité de montrer via les réseaux et le mailing combien cela nous touche...

 

 Le maire, le paysan, le hamster et la poule noire

Cela résonne un peu comme une fable mais…

Prenez un brave paysan alsacien, appelons-le Gilbert, qui a l’idée saugrenue en ce 21ème siècle de faire de l’agriculture artisanale, propre et gouteuse en circuit court à la La Ferme Schmitt : Elevage d’oies, de canards, de volaille, production de foie gras.
Idée encore plus folle, qui mériterait un internement, il se bat pour la survie de la Poule Noire d’Alsace (à peine 300 individus recensés en 2009), espèce non croisée, à croissance lente et pondeuse quand bon lui semble, mais dont la chair est tout simplement exceptionnelle.
Ce n’est pas pour rien qu’elle est logiquement devenue Sentinelle Slow Food (http://www.slowfood.fr/poule-noire-dalsace).

La survie de la poule noire passe bien-sûr par l’accroissement de son cheptel mais aussi par sa commercialisation et sa consommation et cela via les chefs étoilés mais aussi les particuliers.

Mais voilà, alors que notre brave Gilbert veut s’étendre pour réaliser son rêve (peu rentable au demeurant) de sauvegarde de la poule noire d’Alsace ainsi que d’autres races anciennes, on lui interdit d’installer sa structure d’élevage avicole car ses terres sont … agricoles. Un comble !
Sur d’autres terrains qu’il possède, c’est la loi européenne sur la protection du « grand hamster » qui l’empêche de s’agrandir (pour rappel, le grand hamster, qui n’est pas du tout en voie d’extinction, interdit tout type d’élevage ainsi que certaines cultures à proximité de son habitat).

Ubuesque et kafkaïen…

La municipalité a bien le pouvoir de modifier le PLU (plan local d’urbanisme) pour quelques ares et ainsi autoriser l’extension de l’exploitation. Mais elle demeure pour l’instant inflexible…

Alors… qui sait, si vous aussi vous êtes sensibilisés à la protection de nos traditions et de notre patrimoine culinaire, envoyez au responsable de cette municipalité, Claude LUTZ, le maire de Bischoffsheim (email: bischoffsheim@wanadoo.fr).
Voir qu’au-delà des frontières de leur région et de leur pays, leur obstination interpelle, cela leur fera peut-être prendre conscience et réagir.

On compte sur vous pour que cette fable ne se transforme pas en mauvaise farce … de volaille.