Vers de nouveaux modèles d’agriculture et de pèche pour sauver notre terre et notre humanité

Notre alimentation déconne…

Chaque jour, les media nous alarment sur les produits qui induisent les cancers, sur l’impact des perturbateurs endocriniens, sur les polyrésistances émergentes suite à l’usage intensif d’antibiotiques alors que l’obésité, le diabète et les accidents vasculaires qui lui sont liés tout comme les cancers prennent la forme de véritables pandémies.
Et chaque jour, les études scientifiques indépendantes des lobbies pointent clairement du doigt comme responsable notre surconsommation d’une nourriture de mauvaise qualité, une nourriture standardisée et aseptisée.

Nous observons sans réagir l'explosion de la consommation de viande de ces dernières décennies qui s’accompagne d’une surproduction de CO2, alors que pendant ce temps, la forêt amazonienne, poumon en oxygène du monde, est littéralement arrachée pour permettre l’élevage massif de poulets qui se retrouveront dans les nuggets des fast-foods, mais aussi et surtout pour permettre de planter du soja transgénique, afin, qu’avec le maïs omniprésent, on puisse nourrir notre propre bétail comme ces élevages de volaille et de porcs en batterie dont on ne sait plus quoi faire des lisiers à part les laisser se déverser dans nos rivières.
L'image de la « vache dans le pré » se limite désormais aux races laitières, ou encore, à de trop rares entreprises qui ont choisi une agriculture respectueuse des sols pour produire une viande saine.

Malgré tous les scandales qui ont émaillé l’agriculture intensive moderne (vache folle, dioxine, viande chevaline), seule continuent à guider les marchés alimentaires la pression de la compétitivité et la chasse au prix le plus bas.
Ce prix-roi a remplacé la qualité et, en permanence, le système tire le niveau de plus en plus vers le bas.
La pèche n’échappe pas au phénomène ; avec 80 % de la population mondiale qui « survit » des produits de la mer, elle en est même la première victime avec les conséquences de la surpêche, de la destruction des fonds marins, de la disparition de la biodiversité et de la surabondance d’espèces toxiques comme les algues. Seul l’élevage piscicole intensif est proposé comme parade, avec toutes les casseroles que cela induit, comme l’utilisation de poudres de protéines animales, d’antibiotiques et autres arsenaux pharmaceutiques.
Les premières victimes de cette folie, en dehors du consommateur lui-même, sont clairement les agriculteurs et les pêcheurs traditionnels et/ou artisanaux.

Les modèles de pêche et d’agriculture industrielles sont aussi terriblement dépendants des produits pétroliers que ce soit pour le transport, pour le désherbage, pour les traitements insecticides, pour le chauffage des serres ou pour la pulvérisation d’engrais, utilisation massive d’énergies fossiles qui contribue encore à l’élévation du CO2 dans l’air.
Dans cette folie surproductive, près de 40%  du fruit de cette agriculture est gaspillée. Pas loin de la moitié de ces produits aseptisés n’atteignent en effet jamais nos estomacs mais finissent dans des déchetteries, alors que dans le monde, les gens meurent toujours de la faim. 

Cette politique industrielle épuise le potentiel vivant de la terre, particulièrement sa biomasse dont on estime, en Europe, avoir atteint une destruction proche des 80%. Et comme on ignore presque tout de la durabilité de l’activité des pesticides, plus aucun scientifique n’ose encore s’aventurer à émettre une théorie faite d’un peu d’espoir quant à la capacité réelle de nos sols à retrouver la vie, naturellement.
Mais le pire n’est hélas pas la destruction de la matière vivante nourricière.
Ne pouvant plus s’appuyer sur un substrat sain, l’homme a développé des moyens permettant de faire pousser du blé sur l’équivalent d’un tarmac d’aéroport, usant et abusant de cocktails d’engrais, de pesticides, de fongicides et d’ herbicides dont personne ne connaît l’impact combiné à moyen et long terme sur nos organismes après ingestion des nourritures qui en découlent.
Et trop peu de pays développés montrent des signes de conscientisation de ce drame, la Belgique, par exemple, prétendant ne pas avoir encore 100% de certitude quant à la toxicité du Round Up alors que les études en cancérologie les plus récentes ont amené son voisin hollandais à interdire drastiquement ce produit et son composant principal, le glyphosate.

Ces modèles industriels ont littéralement, lors des trente dernières années, arraché l’agriculture et la pêche des mains des paysans et des pêcheurs, offrant la responsabilité de la production aux seuls usines agroalimentaires et armateurs.
Résultat, notre alimentation mondialement standardisée n’est plus qu’une affaire financière, technologique et hygiénique. Et les scandales récents ne suffisent visiblement pas à éroder l’image de cette nourriture faussement « saine et sûre » que réussit encore à porter à bout de bras cette productivité effrénée ou seule la compétitivité du prix a de l’importance.
Cette standardisation s’attaquant de front à son pire ennemi, la biodiversité, même nos paysages en sont aujourd’hui altérés et par là même, nos cultures et notre mode de vie.
Et pour compenser l’effet déprimant de la standardisation du goût, les laboratoires de la chimie alimentaire rivalisent d’ingéniosité pour lancer sur le marché de nouveaux colorants, conservateurs et correcteurs de goût qui modifient lentement le fonctionnement de notre flore intestinale, qui altèrent notre notion du plaisir du goût, et, selon de nombreux scientifiques participent largement à l’épidémie de dépressions dans nos pays prétendument développés.

Le drame absolu, c’est que les puissants lobbies industriels de la malbouffe réussissent à nous persuader que le modèle agro-alimentaire actuel est le seul capable d’apporter une réponse à la faim dans le monde.

Et pourtant les choses bougent… lentement mais sûrement.
Récemment, Olivier De Schutter, le rapporteur spécial auprès des Nations-Unies pour l’alimentation mondiale, a jeté un fameux pavé dans la mare en affirmant que les millions d'agriculteurs que compte notre terre peuvent encore, en accord avec la nature, largement répondre aux besoins alimentaires de notre planète en optant définitivement pour une production naturelle et une de consommation locale des aliments produits.

Cette vision d’une agriculture alternative est clairement aussi celle de Slow Food Metropolitan Brussels !

Pour nous, les agriculteurs et les pêcheurs proches de cette philosophie exercent une profession honorable qui mérite intégralement le respect du consommateur. Ils doivent recevoir des pouvoirs publics et de l’acheteur final la chance de proposer une alimentation saine et naturellement goûteuse.
Il est de notre devoir de les aider à investir les moyens financiers pour leur permettre de nous offrir une production de produits de qualité élevée, de produits de terroirs respectueux de la tradition culturelle que nos ancêtres ont connus pendant des millénaires.

Slow Food Metropolitan Brussels désire activement contribuer au soutien de ce modèle de résistance à la productivité agro-alimentaire intensive :

  • En faisant accepter un prix qui respecte une production qualitative des agriculteurs, des pêcheurs et de leurs collaborateurs,

  • En soutenant le respect de la biodiversité et la pérennité des biotopes et du paysage,

  • En soutenant toutes les actions de refertilisation des sols,

  • En stimulant un respect de la vie animale dans et autour des exploitations agricoles et marines,

  • En militant contre l’usage prophylactique d’antibiotiques et en limitant leur utilisation curative,

  • En combattant activement l’utilisation et la production d’organismes génétiquement modifiés,

  • En favorisant autant que possible la consommation d’aliments locaux et de saison,

  • En faisant connaître toutes les techniques qui diminuent la production de CO2 et l’usage d’énergies fossiles,

  • En investissant sur la qualité et le goût et en dénonçant la standardisation et les modificateurs de goût,

  • En redonnant de la fierté à ceux qui investissent dans une agriculture et une pêche saines et transparentes en termes de provenance.

En accord avec ces engagements, nous soutiendrons tout individu ou raison sociale désireux de bâtir un nouveau marché, de réapprécier les aliments issus d’une production traditionnelle saine, respectueux de l’agriculture bio et des chaines courtes,  défenseurs d’une agriculture humaine et non-industrielle, soucieux de promouvoir des salaires permettant une agriculture équitable.
Nous soutiendrons aussi tous les agriculteurs et les pêcheurs qui ont compris que les avancées technologiques ne doivent pas favoriser une augmentation de la rentabilité à court terme mais bien une qualité de vie à long terme , cela dans le respect de la protection et la résurrection de terres et de mers aujourd’hui fatiguées, voire agonisantes .

 Nous invitons donc tous les militants mais aussi tous les gens qui ont perdu leurs liens avec la terre à nous accompagner dans notre objectif de retrouver le chemin vers des produits véritables en construisant, avec nous, une véritable communauté de la nourriture à Bruxelles et dans ses alentours.